Livres

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Ahmad Zewail, lauréat du prix Nobel, affirme que « la pensée critique est un élément essentiel du progrès ».
Voici dans cette rubrique LIVRES quelques outils pour comprendre, décrypter le monde dans lequel nous vivons, affûter notre pensée critique.
Afin de l’alimenter, n’hésitez pas à faire des propositions à l’adresse suivante :webmaster@snepfsu-toulouse.net

Trop classe ! Enseigner dans le 9-3,
de Véronique Decker.
N’Autre École n°6, 128 pages : 10 euros.
Parution : 3 mars 2016
ISBN : 978-2-918059-80-6

De Zébulon à Zyed et Bouna, sans oublier Albertine et Mélisa, N’Gwouhouno ou Yvette… du syndicat à la pédagogie de la « gaufre », des Roms à la maman sur le toit, Véronique Decker, enseignante et directrice d’école Freinet à Bobigny (Seine-Saint-Denis), éclaire par petites touches le quotidien d’une école de « banlieue ».Au fil de ses billets, il est question de pédagogie, de luttes syndicales, de travail en équipe, mais surtout des élèves, des familles, des petits riens, des grandes solidarités qui font de la pédagogie un sport de combat… social. Loin du déclinisme d’« intellectuels » pérorant sur l’école, des ségrégations institutionnelles ou du libéralisme et de sa fabrique de l’impuissance, c’est une autre école, en rires, en partages, en colères, en luttes qui se dessine, avec « des craies de toutes les couleurs, sur le tableau noir du malheur… » De l’autre côté du périph. Trop classe ! L’auteure « Je m’appelle Véronique Decker. Depuis plus de trente ans, je suis institutrice. Et depuis quinze ans, directrice d’une école élémentaire à Bobigny : l’école Marie-Curie, cité scolaire Karl-Marx. À part sa localisation au pied des tours et au coeur des problèmes, notre école présente l’intérêt d’être une école « Freinet » où, dans le respect des règles du service public, nous pratiquons une pédagogie active, fondée sur la coopération. Même si l’expérience, parfois, peut me dicter des silences provisoires, je ne suis pas réputée pour mon habitude de me taire. » Plus d’information


Dans le sillage de la « Manif pour tous », de l’hypermédiatisation d’Éric Zemmour, de Natacha Polony et d’Alain Finkielkraut, de l’irrésistible envolée du Front national, la question scolaire apparaît comme un terrain d’intervention privilégié de l’offensive réactionnaire. C’est probablement là que se lisent le mieux les succès de la contre-révolution culturelle et idéologique impulsée il y a une quarantaine d’années par les néo-conservateurs. Distiller le soupçon de la décadence, contester toute avancée sociale et toute remise en cause des privilèges, en appeler à la restauration des hiérarchies ou des inégalités « naturelles », prôner le retour de l’autorité et de l’ordre moral garants des injustices de l’ordre économique et social, tels sont les ressorts d’un discours complaisamment relayé qui contamine à présent les esprits bien au-delà des seuls cercles de la droite de la droite. Des ligues antisémites de Drumont au Front national, en passant par l’Action française et la régime de Vichy, c’est la même passion – jamais démentie – pour une école nationaliste, autoritaire, inégalitaire et ségrégative. Un même combat pour faire rimer éducation et soumission. Lire la suite 

« COMMUN » Pierre Dardot et Christian Laval Edit : la découverte. Partout dans le monde, des mouvements contestent l’appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun.
Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s’impose aujourd’hui comme le terme central de l’alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l’écologie politique par la revendication des « communs » contre les nouvelles formes d’appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.

 

“L’école n’est pas une entreprise” Christian LAVAL (2003), Edit : la découverte.
L’école est soumise à des pressions considérables pour qu’elle se conforme aux nouveaux commandements du néo-libéralisme. La compétition économique mondiale devient l’impératif majeur auquel toute institution doit se soumettre, et le système éducatif n’y échappe pas : dans ce nouveau modèle, il est menacé de se réduire à la formation du  » capital humain  » nécessaire aux entreprises. En s’appuyant sur une enquête approfondie, Christian Laval montre comment les  » recommandations  » des experts de l’OCDE, de la Banque mondiale, de l’OMC et de l’Union européenne ont été appliquées par les différents gouvernements français depuis vingt ans.

Comment ils nous ont volé le football : la mondialisation racontée par le ballon de François Ruffin et Antoine Dumini.
On tape dans le ballon depuis la cour de récréation.
On tape dans le ballon à la Coupe du Monde.
Que s’est-il passé entre les deux ?
C’est le même jeu, un ballon, deux équipes, quatre poteaux, et voilà que ce sport du pauvre brasse des milliards, s’exporte comme un produit, devient la vitrine triomphante, clinquante du capital.
Que s’est-il passé ?
Rien, en fait. Juste que l’argent a envahi toute la société, lentement, depuis trente ans, et que le football en est le miroir grossissant.
C’est une histoire économique que ce sport nous raconte, à sa manière, des années 60 à aujourd’hui, de la libéralisation des ondes à la mondialisation des marques jusqu’aux fonds de pension.
Le ballon, comme un monde en plus petit.

 

La vie marchandise, du berceau à la retraite, le marketing veille sur vous. De Paris à New York, de Tokyo à Sydney : partout les mêmes marques, les mêmes modes, les mêmes fast-foods ou les mêmes hypermarchés. Toujours plus de produits, avec une durée de vie toujours moindre. Luxe, hard-discount, low-cost, tout le monde doit pouvoir participer à la grande braderie. Et se croire toujours gagnant ! Le client est roi, non ? Depuis une cinquantaine d’années, le marketing, bras armé des firmes multinationales, s’est constitué en véritable machine à fabriquer des consommateurs en série. Il a organisé l’invasion de nos vies par les marchandises. Individualisation, uniformisation, insatisfaction, gaspillage, dépolitisation et destruction écologique sont les conséquences de ce tout-marketing. Dans ce livre manifeste contre la tyrannie du marketing, Bernard Floris et Marin Ledun déconstruisent les techniques d’une industrie planétaire qui exploite nos pulsions et manipule nos désirs depuis notre plus jeune âge. Ils racontent ici l’histoire et les coulisses de cette fabrique qui nous conduit, malgré nous et avec notre consentement, à adopter la culture de la consommation et le mode de vie « marchandisé ». Mais sommes-nous réellement des marchandises ?

 

Storytelling est un essai de Christian Salmon publié en 2007, et sous-titré La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits.
Cet essai traite de la nouvelle « arme de distraction massive » : la méthode marketing qui consiste à raconter des histoires pour influencer le consommateur ou l’électeur.
La réflexion porte sur la mutation de la propagande (publicitaire, politique, etc.). Selon l’auteur, cette dernière consiste à standardiser de plus en plus les réactions des « consommateurs » en rendant floue la limite entre le réel et la fiction, et entre le vrai et le faux.

 

Comprendre le pouvoir stratégique des médias : de la TV au Net, de notre vision quotidienne aux grands affrontements, de l’intelligence économique à la médiologie, ce manuel présente clairement aux étudiants et professionnels le pouvoir stratégique des médias.
Que croyons-nous ? Par quels canaux certaines idées dominantes se sont-elles imposées ? Comment dirige-t-on les masses avec des images, par influence et par quels relais ? Comment évolue ce nouvel environnement médiatique ?
L’auteur, François-Bernard HUYGHE, est directeur de recherche à l’IRIS, spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique, responsable de Géostratégique de l’Information.

C’est en écrivant la BD Dol que Philippe Squarzoni se penche sur le bilan environnemental de la politique de droite française des années 2000. Ne connaissant pas bien la thématique du réchauffement climatique, il s’interroge sur la nécessité d’un ouvrage spécifique sur le sujet, avant de consacrer six années à l’écriture de Saison brune, parue en mars 2012.
Le titre « Saison brune » correspond à la cinquième saison, dite « brune » dans l’État américain du Montana, période d’incertitude entre l’hiver et le printemps. L’auteur compare cette période à l’indécision des décideurs concernant les politiques de lutte contre le réchauffement climatique au cours des années 2000 et 2010.
L’auteur, qui écrit à la première personne son enquête, s’appuie sur les rapports du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) et interviewe plusieurs spécialistes : scientifiques, journalistes…

En 2012 il reçoit le Prix Léon de Rosen de l’Académie française pour sa contribution à la compréhension et à la diffusion des valeurs que recouvre la notion de respect de l’environnement.

LA PREMIÈRE HISTOIRE DE L’ÉCONOMIE EN BD
Mêlant la bande dessinée avec des textes clairs et plein d’humour, ce roman graphique transforme la « science obscure » de l’économie en une histoire amusante et accessible à tous. De la naissance du capitalisme à la crise financière de 2008, Economix nous raconte pour la première fois en BD l’histoire de l’économie mondiale. D’où vient la dette ? Peut-on retrouver la croissance ? Le plein emploi ? Est-ce que l’on vit mieux que nos grands-parents ? Pourquoi la crise ? Pourquoi le mouvement Occupy Wall Street ?
Cette BD/document d’un nouveau genre explore trois siècles de pratiques économiques. Elle raconte la mondialisation, les grands penseurs, les impasses et les rebonds, l’impact des guerres, des changements climatiques ou des pénuries de ressources. Clair et pédagogique, tout en images, avec l’humour en prime, Economix est indispensable dans toutes les bibliothèques. Comprendre l’économie, c’est maîtriser notre destin.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Dauniol-Remaud

Rédigé dans une langue claire et accessible, cet ouvrage, illustré par Charb, constitue une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle.On y trouvera d’abord un large survol des outils fondamentaux que doit maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique, etc.; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux : l’expérience personnelle, la science et les médias. « Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle ». Noam Chomsky